Post-impressionnisme, nabis et symbolisme

Cet article est consacré à mes trois mouvements de peinture préférés, de la fin du XIXème et du début du XXème siècle. Ils font suite à l’impressionnisme (ce dernier étant né à la fois du rejet des peintures académique, naturaliste et romantique notamment, et, également suite au développement de la photographie).

Pour illustrer ces courants, je propose ici mes reproductions de toiles des maîtres de ces trois mouvements, parfois en y ajoutant une touche particulière ou les « revisitant » avec une autre technique que la toile originale.

1. Post-impressionnisme

Trois grands peintres sont les figures principales de ce courant pictural charnière : il s’agit de Van-Gogh, Gauguin et Cézanne.

Chacun d’entre eux, en pleine expansion de l’impressionnisme, apportera une touche particulière qui fera évoluer le courant impressionniste. Ces trois peintres iront encore plus loin que les peintres impressionnistes dans leur recherche picturale, du paysage notamment.

Van Gogh, avec sa touche (manière de peindre) si caractéristique, faite d’empâtement de peinture pure ouvre la voie à l’expressionnisme.

Ces trois toiles sont réalisées à la bombe aérosol et à la peinture acrylique (les originales sont des peintures à l’huile). Il s’agit de la Nuit Étoilée sur le Rhône, de la Nuit Étoilée et du Champ de Blé aux Corbeaux.

Gauguin, avec les cernes noirs autour des aplats colorés, définissant les différents éléments du tableau, sera un précurseur du primitivisme. Il sera, par ses conseils prodigués à Paul Sérusier sur le Pont de l’Aven pour peindre son Talisman, à l’origine du mouvement des Nabis. La reproduction suivante est à l’huile comme l’original.

D'après Paul GAUGUIN "Contes barbares"
D’après Paul GAUGUIN « Contes barbares »

Enfin, Cézanne sera le précurseur du cubisme en utilisant des formes géométriques pour traduire ses paysages.

D'après Paul CEZANNE "La mer à l'Estaque"

D’après la Mer à l’Estaque, huile sur toile.

2. Nabis

Les Nabis sont un groupe hétérogène de peintres qui se sont retrouvés autour de Paul Sérusier. Ce dernier a suivi les instructions de Gauguin pour peindre un petit tableau connu sous le nom de Talisman.

Le mouvement a été relativement bref, mais les productions des peintres issus de ce mouvement sont assez caractéristiques, tout en étant très personnelles à chacun.

 Il existe une volonté de suggérer l’importance du rêve et de la spiritualité et notamment de l’ésotérisme. D’autre part, ils utilisent des grands aplats de couleur au détriment du motif réaliste. Enfin, il y a chez les nabis, un refus de l’abstraction malgré une grande importance de la ligne et de la figure géométrique.

Les trois toiles ci-dessus sont inspirées du Coucher de Soleil de Félix Vallotton, du Paysage Nabique de Paul Ranson et de la Marine Bleue de Georges Lacombe. Elles sont réalisées en technique mixte associant  la bombe aérosol à l’acrylique.

 

3. Symbolisme

Les peintres symbolistes s’opposent farouchement au réalisme, notamment en utilisant des sujets mythologiques, bibliques ou légendaires qui empruntent au rêve, à l’imaginaire mystique, à l’au-delà. Le mouvement symboliste garde une grande importance à la représentation de la femme, tour à tour vertueuse et idéalisée, maléfique et dangereuse. La peinture symboliste se caractérise par ailleurs par une grande précision du dessin associé à l’effacement du coup de pinceau.

Tout  le mouvement symboliste artistique est fondé sur le manifeste du symbolisme de Jean Moréas dont voici ci après un extrait :  » Ennemie de l’enseignement, la déclamation, la fausse sensibilité, la description objective, la poésie symbolique cherche à vêtir l’Idée d’une forme sensible qui, néanmoins, ne serait pas son but à celle-même, mais qui, tout en servant à exprimer l’Idée, demeurerait sujette ».

D’après : La Mort et le Fossoyeur de Carlos Schwabe (gouache sur papier), La Mort de Jacek Malczewski (huile sur papier toilé), L’île des Morts de Arnold Böcklin (pastel à l’huile sur papier), Lucifer de Franz von Stück (huile sur papier toilé) et Tête de mort de Alfred Kubin (acrylique sur toile). Toutes les toiles originales sont des huiles sur toile à l’exception de la toile originale de Schwabe qui également une gouache.

La dernière toile présentée ici, qui est une pure création, est inspirée par mon poème préféré du poète que j’admire le plus, père du symbolisme littéraire, Stéphane Mallarmé. Il s’agit du poème en YX (Sonnet allégorique de lui-même) dont voici l’hermétique texte :

Ses purs ongles très haut dédiant leur onyx,
L’Angoisse, ce minuit, soutient, lampadophore,
Maint rêve vespéral brûlé par le Phénix
Que ne recueille pas de cinéraire amphore

Sur les crédences, au salon vide : nul ptyx
Aboli bibelot d’inanité sonore,
(Car le Maître est allé puiser des pleurs au Styx
Avec ce seul objet dont le Néant s’honore.)

Mais proche la croisée au nord vacante, un or
Agonise selon peut-être le décor
Des licornes ruant du feu contre une nixe,

Elle, défunte nue en le miroir, encor
Que, dans l’oubli fermé par le cadre, se fixe
De scintillations sitôt le septuor.

Le tableau que j’ai réalisé, tente une représentation de ce sonnet à partir de l’explication que Mallarmé lui-même en a fournit :

« J’extrais ce sonnet […] d’une étude projetée sur la Parole : il est inverse, je veux dire que le sens, s’il en a un (mais je me consolerais du contraire grâce à la dose de poésie qu’il renferme, ce me semble), est évoqué par un mirage interne des mots mêmes. En se laissant aller à le murmurer plusieurs fois[,] on éprouve une sensation assez cabalistique. […]
      – J’ai pris ce sujet d’un sonnet nul et se réfléchissant de toutes les façons, parce que mon œuvre est si bien préparé et hiérarchisé, représentant comme il peut l’Univers, que je n’aurais su, sans endommager quelqu’une de mes impressions étagées, rien en enlever – et aucun sonnet ne s’y rencontre.

 » par exemple, une fenêtre nocturne ouverte, les deux volets attachés ; une chambre avec personne dedans, malgré l’air stable que présentent les volets attachés, et dans une nuit faite d’absence et d’interrogation, sans meubles, sinon l’ébauche plausible de vagues consoles, un cadre, belliqueux et agonisant, de miroir appendu au fond, avec sa réflexion, stellaire et incompréhensible, de la grande Ourse, qui relie au ciel seul ce logis abandonné du monde »

Voici ma toile (acrylique sur toile) ….

FullSizeRender(172)

Une réflexion sur “Post-impressionnisme, nabis et symbolisme

  1. Super analyse des différents mouvements de peinture ainsi que l’etude approfondie des incroyables peintures réalisées .Quel talent! Personnellement j’aime beaucoup le Nabis plus facile à comprendre . Néanmoins les autres courants sont superbement représentés et surtout tes compositions sont très parlantes .Bravo !

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